Antigua

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Guatemala - Antigua
de Fred, le 18-07-2007

Antigua

Beau comme l'Antique. Belle comme Antigua. Qui fut autre, qui fut jeune et insouciante, qui fut capitale sous un autre nom, qui fut submergée et détruite, qui fut délaissée, qui fut redécouverte. Et qui est aujourd'hui l'Ancienne Guatemala, l'Antigua. Nul doute qu'elle continue d'être la première dans les cœurs guatémaltèques. Lorsque vous en parcourez au hasard les rues impeccables, vous avez le sentiment d'être au cœur d'une très grande ville, dans un de ces quartiers anciens et cossus d'une capitale qui serait dépourvue de ministère, de zup et de banlieue. Des galeries d'art de très bon niveau, des restaurants romantiques, des ruines d'anciens palais, des cloîtres, des restes de couvents, confèrent à l'ensemble un charme saisissant. Une forte influence espagnole qui ferait croîre à certains que l'Andalousie déborde sur le Guatemala, des patios exquis derrière chaque portail, des couleurs sud-américaines sur les murs et trois volcans qui surveillent la ville comme trois sérieux et graves grands-pères. Deux de ces aïeuls fument encore, peu décidés à prendre leur retraite. Et c'est la colère de l'un d'entre eux, le Volcan Agua, qui causa la perte de cette ville, emportée par des torrents de boue. Un autre volcan actif, le Pacaya, à quelques kilomètres de là, se laisse escalader. Au bout d'une heure d'ascension tanquille, le paysage devient lunaire, déchiqueté, inhospitalier. On y lit la stupeur de la lave surprise dans sa fureur par le vent. Cette pierre noire semble froide, mais on sent sous ses pieds bouillonner et fulminer tout un monde caché, dont la violence difficilement contenue s'echappe parfois dans un mince filet de magma. Une langue de feu qui s'empare lentement mais irrésistiblement de la suface. L'atmosphère se réchauffe soudain, le froid et la brume plient et se courbent à son passage. Une procession sans hâte d'un seigneur sûr de sa force, admiré et craint dans le même élan. De retour à Antigua, la voici qui s'habille pour le dimanche. Quand les paysans s'endimanchent, les citadins d'un naturel coquet se relachent et enfilent le survêtement. Pour un marathon qui, comme tous les marathons, rassemble les morphologies les plus diverses, les grands et les petits, les secs et les gras, les jeunes et les anciens, les blancs et les tannés, los hombres y las mujeres, les mordus et les dilettantes, les vainqueurs et les trainards. Près le Parque Central, certains préfèrent goûter aux délicieuses patisseries du Café Condesa, aux multiples cours, certaines découvertes et fleuries, d'autres plus cosy, qui fleurent le cuir et le bois. Ailleurs, certains vide-greniers éclosent à même le trottoir. Un peu excentrés, on les croirait spontanés. On n'y retrouve pas les éternelles babioles impersonnelles pour touristes pressés, mais des objets qui ont vécu, qui ont un passé à raconter à qui saura déchiffrer une brèche, lire une félure, apprécier une patine. A qui saura comprendre Antigua elle-même.

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