Belize en mer...

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Belize - Belize City
de Fred, le 01-07-2007

Belize en mer...

Finalement non, aucun douanier hondurien ni guatemaltèque n'a cherché à me soutirer des dollars sous pretexte que mon passeport ne comportait pas les bons tampons. Du point de vue des visas, le Guatemala, le Honduras, le Salvador et le Nicaragua sont équivalents. Ils se sont regroupés en une communauté douanière de pays et les passages des frontières s'en trouvent facilités. J'ai droit à nouveau cachet alors que je pénètre en territoire bélizéen. Un nouveau pays, pas le plus connu, que j'aborde avec des ambitions nobles : celles de vivre au rythme de la culture locale. Qui consiste principalement en l'art de paresser langoureusement au bord de la plage. Je m'y applique avec conscience et détermination. Je fais des efforts surnaturels pour essayer de marcher aussi lentement que le quidam lambda, mais rien n'y fait, le motard parisien que je suis se retrouve à prendre les bordures pour doubler les trainards. On croirait qu'un champ gravitationnel surnaturel pèse sur le Belize : tous s'y meuvent deux fois plus lentement qu'ailleurs. D'autres us locaux intéressants consistent à jouer du tambour, mais je n'ai pas le sens du rythme, à porter la coiffure rasta, mais je n'ai pas les cheveux assez longs, et à boire de la bière. Chaque pays d'Amérique Latine dispose de sa cervoise locale. Au Panama la Balboa ou l'Atlas, au Costa Rica l'Imperial, qu'on retrouve au Honduras en compagnie de la Salva Vida, au Salvador ce serait plutôt la Bahia ou la Pilsener, tandis que la Toña et la Victoria règnent au Nicaragua. Mais toutes ces bières ont grosso modo le même goût, celui d'une lager allemande et légère. Au Belize justement, la cerveza locale, la Belikin, est différente. Légèrement plus ambrée et au goût plus corsé, elle se démarque dans ce paysage de boissonns plutôt communes. Elle est différente, comme l'est ce pays. On y croise toutes sortes de gens, des garifunas à la peau très sombre, descendants d'esclaves africains et d'indiens, dotés de leur propre langue et de leur propre culture. On y croise des mennonites allemands, avec chapeau et salopette, des mayas, des ladinos, des américains, des espagnols (c'est ainsi que les indiens appellent ceux qui ont le type latin mais la peau claire). J'ai vu un matin sortir d'un bus trois taulards menottés à la queue leu leu et se diriger tranquillement vers la prison. J'ai vu un soir un type se promener avec un serpent d'1m50 de long sur l'épaule. Tom, compositeur de musique pour Hollywood, un irlandais qui vit depuis 10 ans avec sa compagne américaine à LA, me dit qu'il trouve que les gens sont beaucoup plus amicaux qu'ailleurs, qu'ils vous abordent très facilement (ça c'est certain), mais sans arrière-pensée (ça c'est moins certain). A Placencia, encore, c'est plutôt bon-enfant. Beaucoup de bélizéens se sont déplacés pour l'événement de l'année : la lobsterfest, ou fête du homard. Toutes les chambres sont réservées des mois à l'avance, ce qui m'a obligé le premier soir à dormir à Independance, un village situé à un quart d'heure en taxi-bateau. Bon, la fête du homard de Placencia ressemble à quelques détails près à la fête de la sardine de l'île d'Yeu. Mais il faut bien avouer que le homard grillé au barbecue est excellent... Dangriga est plus typique, marquée par la culture créole, beaucoup de vieux noms français subsistent. Pas un seul touriste, mais une population placide et colorée. L'ambiance à Belize City est autrement plus inquiétante. La ville est peuplée de nombreux indigents, ce qui ne l'empêche pas d'avoir un quartier dit touristique où s'amoncellent des hôtels et résidences luxueux. À chaque pas, on vous propose une affaire en or, parfois agressivement, un tour en bateau, une montre, de la marijuana, l'adresse d'un hôtel pas cher, un collier de coquillages, etc...Si vous avez le malheur de croiser un regard, celui-ci ne se détachera qu'à grand prix. Heureusement, la ville a d'autres bons aspects. Une promenade en bord de mer, une rivière autour de l'embouchure de laquelle la cité s'est construite, un musée intéressant, avec une collection d'objets anciens en jade, d'insectes impressionnants, ou de témoignages sur l'histoire du pays. Le Belize, ancien Honduras Britannique, à été cédé aux anglais contre les Bay Islands. Puis est devenu indépendant. La capitale fut autrefois Belize City, mais après qu'un violent ouragan la détruisit, on alla installer le gouvernement plus dans les terres, à Belmopan, un trou paumé. La nonchalance est ici une cause nationale, et une fois la nuit tombée, on peut goûter un calme surnaturel. En même temps que le soleil disparaissent bruits et piétons. Plus rien ne vient alors troubler l'onde de la rivière qui vient ici tout doucement rendre ses eaux à la mer.

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